Fanfan la tulipe :

(parole)

Comme l’mari d’notre mère
Doit toujours s’app’ler papa,
Je vous dirai que mon père
Un certain jour me happa,
Puis me m’nant jusqu’au bas de la rampe
M’dit ces mots qui m’mirent tout sens d’ssus d’ssous :
« J’te dirai, ma foi,
Qui gnia plus pour toi Rien chez nous,
V’là cinq sous, Et décampe. »
En avant,
Fanfan la Tulipe,
En avant !
La tulipe en avant

Puisqu’il est d’fait qu’un jeune homme,
Quand il a cinq sous vaillant,
Peut aller d’Paris à Rome,
Je partis en sautillant.
L’premier jour j’trottais comme un ange
Mais l’lend’main je mourais quasi d’faim.
Un r’cruteur passa
Qui me proposa,
Pas d’orgueil,
J’m’en bats l’œil,
Faut que j’mange :
En avant,
Fanfan la Tulipe,
En avant !
La tulipe en avant

Quand j’entendis la mitraille,
Comm’ je r’grettais mes foyers !
Mais quand j’vis à la bataille
Marcher nos vieux grenadiers ;
Un instant nous somm’s toujours ensemble,
Ventrebleu ! me dis-je alors tout bas :
Allons, mon enfant,
Mon petit Fanfan,
Vite au pas,
Qu’on n’dis’ pas Que tu trembles :
En avant,
Fanfan la Tulipe,
En avant !
La tulipe en avant

Maintenant je me repose
Sous le chaume hospitalier
Et j’y cultive la rose,
Sans négliger le laurier,
D’mon armur’ je détache la rouille.
Si le roi m’app’lait dans les combats,
De nos jeun’s soldats
Guidant les pas,
J’m’écrierais :
J’suis français !
Qui touch’ mouille :
En avant,
Fanfan la Tulipe,
En avant !
La tulipe en avant

En avant,
Fanfan la Tulipe,
En avant !
La tulipe en avant

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